L’autisme est une condition neurodéveloppementale avec de nombreux avantages, si seulement les personnes autistes pouvaient s’exprimer et s’épanouir avec les bons outils.
Déficits persistants
de la communication
et des interactions sociales
+
Caractère restreint et répétitif
des comportements,
des intérêts ou des activités
De nombreuses personnes autistes se sentent tout à fait « normales » quand elles ne sont qu’entre personnes autistes. Le problème de communication se retrouverait seulement entre les personnes autistes et les personnes non autistes en raison de perceptions du monde différentes (Problème de la double empathie, Damian Milton).
Les personnes autistes parlent plus volontiers de passions qu’elles poussent peut-être plus loin que les personnes non autistes du fait de leur volonté de trouver la vérité ultime. Quant aux routines, elles facilitent leur fonctionnement dans un monde qui ne va pas à leur rythme et surtout qui ne leur fait pas sens.
L’autisme des autistes
Selon mes recherches*, l’autisme serait l’association d’un cerveau surperceptif et à un effondrement interne.
Fonctionnement
Perceptif VS Interprétatif

Effondrement de l’interne
Conscience de soi ↓
→ Proprioception ↓ → motricité ↓
→ Intéroception ↓
→ ressenti des sensations internes ↓
→ identification/verbalisation des émotions ↓
→ Mentalisation ↓ (délai de traitement ↑)
→ perception et exécution ↓
⇒ Troubles attentionnels + Hyperactivité
* St-Charles Bernier, C., Tremblay, I., St-Charles, L. & Harrisson, B. (2022). L’autisme vu comme trouble neurodéveloppemental de la conscience selon l’hypothèse du Fonctionnement interne de la structure de pensée autistique (FISPA). Neuropsychiatrie de l’enfance et de l’adolescence, 70, 5, 229-234. Milton, D. E. M. (2012). On the ontological status of autism : the ‘double empathy problem’. Disability & society, 27(6), 883-887.
Du fait d’une logique différente, mais pas moins intéressante, les personnes perceptives perçoivent dans notre monde social majoritairement interprétatif de nombreuses incohérences, qu’elles ont du mal à gérer. Cela peut créer un sentiment de décalage avec les autres et des crises de non-sens (pour aller plus loin, lire article Une vision juste différente…).
S’y ajouteraient les conséquences d’un effondrement de l’interne qui, selon moi, se retrouverait chez les personnes interprétatives sous le nom de TDAH (trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité) :
– difficultés attentionnelles ainsi que hyperactivité/impulsivité physique et mental qui conduisent à des fonctions exécutives difficiles (planification, initiative) avec, chez les personnes autistes, une tendance au contrôle qui est responsable d’une certaine rigidité cognitive ;
– difficulté de gestion des émotions qui peuvent conduire à des crises émotionnelles ;
– hypersensorialité potentiellement responsable de crises cognitives (pour aller plus loin, lire l’article L’effondrement de l’interne).
Le non-sens et la surcharge cognitive, voire émotionnelle, vécus par les personnes autistes les conduisent souvent à une hypervigilance chronique associée à du stress et de l’anxiété, ainsi que de la fatigue avec un risque de burn-out.