L’effondrement interne

Posté dans : Non classé 0
effondrement

Ma définition de l’autisme repose sur un fonctionnement perceptif associé à un effondrement de l’interne (voir Autisme). Mais que représente l’effondrement de l’interne ?

Une conscience de soi peu présente

Perdues dans leur mental imaginaire, les personnes autistes présentent souvent des difficultés à focaliser leur attention : ce processus non automatique chez de nombreuses personnes autistes leur demandent en effet une certaine énergie, d’autant plus quand elles veulent diriger leur attention vers leur interne (conscience de soi).

Une mesure du corps difficile

Les personnes autistes ont peu conscience de leur corps. Cela se traduit généralement par une proprioception (perception du corps dans l’espace) non optimale, responsable de difficultés concernant la motricité ainsi que d’un besoin de « mesurer » son corps en permanence : les personnes autistes utiliseraient des mouvements (ex. : balancements, marche sur les pointes de pied…) ou des « contentions » (ex. : port de vêtements serrées, de casquettes, appui contre un mur, auto-morsures…) pour gérer leur corps dans l’espace. Certaines personnes autistes essaieraient de représenter leur corps via une vision externe d’eux.

L’intéroception (sensations de faim, soif…), la nociception (douleur…), la thermoception (sensations de froid et de chaleur) sont souvent également peu présents avec pour conséquences des ressentis internes moins bien perçus.

Une perception et une exécution plus lentes

S’y ajouterait une perception et une exécution (verbalisation comprise) plus difficile qui conduirait à une intégration cognitive plus lente (délai de traitement), une difficulté à mettre en lien les perceptions avec le contexte (difficultés dans la perception de l’espace) et les expériences antérieures (difficultés dans la perception de la temporalité), ainsi qu’une attention plus coûteuse concernant les fonctions exécutives.

En revanche, une fois l’information intégrée, l’analyse semblerait plus facile et plus rapide, en raison d’une pensée en arborescence (pensée visuelle, voire intuitive).

Des émotions à fleur de peau

Une conscience de soi peu présente associée à une mentalisation qui manque de fluidité expliquerait par ailleurs les problématiques d’identification et de verbalisation des émotions.

Une sensorialité externe accrue

En raison d’une perception interne peu présente, la perception de l’externe peut devenir plus grande, voire envahissante. Ce déséquilibre expliquerait l’origine de l’hypersensorialité concernant l’extéroception (vue, ouïe, toucher, odorat, goût) que l’on retrouve très fréquemment chez les personnes autistes, d’autant plus qu’elles auraient un focus excessivement dirigée vers l’extérieur.

Une solution : renforcer l’interne

En redirigeant ce focus vers l’interne, la surperception pourrait ainsi être limitée, permettant une diminution de l’hypersensorialité externe. Le renforcement de l’interne pourrait aussi linéariser la mentalisation, c’est-à-dire le mental perceptif et exécutif, et aussi le mental imaginaire, limitant ainsi l’emballement des pensées, notamment négatives. Il pourrait aussi améliorer la motricité, avec pour conséquence une gestion de son environnement et de soi facilitée.

L’effondrement interne est donc pour moi une des clés de l’accompagnement des personnes autistes.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *