L’effondrement interne

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Ma définition de l’autisme repose sur un cerveau perceptif associé à un effondrement de l’interne.
Mais que représente l’effondrement de l’interne ?

Une mesure du corps difficile

Les personnes autistes ne seraient pas conscience d’elle-même en temps réel. Cela se traduirait par une proprioception (perception du corps dans l’espace) non optimale, responsable de difficultés concernant la motricité ainsi que d’un besoin de « mesurer » son corps en permanence : les personnes autistes utiliseraient des mouvements (ex. : balancements, marche sur les pointes pointes de pied…) ou des « contentions » (ex. : se mordre, s’appuyer contre un mur…) pour gérer leur corps dans l’espace.
L’intéroception est également peu présente avec pour conséquences des ressentis internes (sensations de faim, soif, froid, douleur…) moins bien perçus.

S’y ajouterait une mentalisation (intégration des perceptions externes comme la vue ou l’ouïe) plus difficile. Cela conduirait à une intégration cognitive plus lente (délai de traitement), une difficulté à mettre en lien les perceptions avec le contexte et les expériences antérieures et une attention plus coûteuse (troubles attentionnels) en terme exécutifs (verbalisation et mise en action des pensées).
En revanche, une fois l’information intégrée, je pense que l’analyse serait plus facile et plus rapide, d’autant plus que la personne à une pensée en arborescence (pensée en image voire intuitive). L’absence de croyances et de préjugés limiterait des questions et surinterprétations superflues (sans critiquer le mode interprétatif qui a ses avantages comme l’esprit de synthèse). Mais, comme le mode d’apprentissage ne correspond pas au mode de fonctionnement des personnes autistes, ce potentiel n’est pas toujours visible. J’y reviendrais lors d’un autre article

Une intéroception peu présente associée à une mentalisation qui manque de fluidité expliquerait par ailleurs les problématiques d’identification et de verbalisation des émotions.

Une sensorialité externe accrue

En raison d’une conscience à soi difficile, la perception de l’externe deviendraient plus présente, voire envahissante. Ce déséquilibre expliquerait l’origine de l’hypersensorialité concernant l’extéroception (vue, ouïe, toucher, odorat, goût) que l’on retrouve très fréquemment chez les personnes autistes. Les personnes autistes ont en effet une attention excessivement dirigée vers l’extérieur. En redirigeant ce focus vers l’interne, la surperception pourrait ainsi être limitée.

Le renforcement de l’interne permettrait en effet une diminution de l’hypersensorialité externe, ainsi qu’une mentalisation plus fluide et une meilleure motricité, avec pour conséquence une gestion de son environnement et de soi facilitée. L’effondrement interne est donc pour moi une des clés de l’accompagnement des personnes autistes.

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