Intérêt de la langue des signes dans l’autisme

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La langue des signes serait un moyen de communication qui correspondrait mieux au fonctionnement cérébral visuel des personnes perceptives. Chez les personnes autistes, la verbalisation nécessite une transcription de leurs pensées visuelles, voire sensorielles, en mots symboliques abstraits, et vice versa, une gymnastique mentale pas toujours évidente et très coûteuse en termes d’énergie cognitive.

Une langue visuelle et concrète

La langue des signes française (LSF) est une langue iconique : les signes sont en lien direct avec leur signification contrairement aux langues orales et écrites dont les mots sont des conventions arbitraires.

La LSF est aussi visuospatiale, c’est-à-dire qu’elle utilise les trois dimensions, avec une certaine rémanence (durée dans le temps). Le transfert personnel et le transfert situationnel permettent d’ailleurs un lien direct entre l’environnement et la communication. La langue des signes semble donc être un support visuel intéressant à l’oral, y compris pour les personnes autistes verbales. Satsuki Ayaya* (phD), chercheuse autiste de l’université de Tokyo, explique : « J’ai également l’impression qu’en utilisant la voix et la langue des signes en même temps (…), je peux percevoir plus clairement le sens de l’information.** » Et avec le pointage, elle semblerait contribuer au développement de l’attention partagée, essentielle aux personnes autistes.

L’expression par le visage des émotions limiterait par ailleurs l’interprétation : la langue des signes est une langue plus directe qui ne permet pas de dissonance entre le langage verbal et non verbal.

Une syntaxe plus appropriée

La structure de la LSF « Quand – Où – Quoi – Qui – Verbe » semble plus logique que celle de la langue française, pour des personnes autistes qui se noient souvent dans les détails. De nombreuses personnes autistes rapportent qu’elles ont besoin d’une vision globale de l’information pour la comprendre. Or la langue des signes commence par le contexte pour arriver au sujet alors que le français part du sujet pour élargir au contexte. On retrouve d’ailleurs ce type de syntaxe dans d’autres langues comme le japonais (le japonais supprimant souvent le sujet, comme la LSF).

Une langue officielle et toujours disponible

Dans tous les cas, la langue des signes peut être une approche intéressante pour communiquer avec les personnes non verbales/non oralisantes, car les mains sont toujours disponibles en comparaison à d’autres systèmes de communication qui nécessitent du matériel spécifique. C’est aussi une langue officielle avec de nombreux interprètes. Et quelques signes suffisent pour commencer… Si vous souhaitez expérimenter cette langue visuelle, l’association Autisignes pourra vous aider.

* 綾屋紗月さん
**  » また、声と手話を同時に使ったり、声と文字を同時に使ったりすることで、情報の意味をより明確に受け取ることができると感じています。 »

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